Toujours vivace la procession Del Céqwemme !

Pour les habitants de Herve défenseurs de la Foi catholique, le lundi férié de Pentecôte n’est autre que celui de la Procession Del Céqwemme ou « Li Porcéchon Del Céqwemme » en wallon. Départ des pèlerins programmé dès 5 h du matin sur le parvis de l’église de Herve et longue marche de 15 km ponctuée de haltes bienvenues figurent au programme. Et pas d’excuse telle que celle de la « panne de réveil » si vous habitez au centre de Herve car les tambours de la Royale Garde Saint-Jean se charge de vous tirer du lit dès 4 heures !

Une fois de plus, le ciel était avec les pèlerins pour leur offrir l’une de ces belles journées printanières où il fait bon mettre le nez dehors. Pas de record de participation toutefois. Mais une ferveur toujours bien présente, à la fois du côté des marcheurs comme chez les riverains, toujours présents sur le bord des routes et chemins lors du passage du Saint Sacrement. Nous avons croisé le aux abords du village de Bruyères, peu avant le repas de midi, où plus d’une centaine de fidèles ont pu profiter d’une halte bienvenue.

Rappelons que cette procession multiséculaire – des documents attestent de son existence avant 1230 – voit son « premier tour » s’achever par une messe célébrée à Battice dès 8 h du matin. S’ensuit alors le petit déjeuner pris à la salle St-Vincent. Un repas destiné à rendre des forces aux marcheurs. Certaines choses ont cependant changé depuis les origines. Ainsi, jusqu’en 1592, les pèlerins accomplissaient le tour complet du Ban de Herve. Une rixe éclata cependant et il fut décidé de ne plus aller à Clermont par la suite. Ce qui, d’après une étude datant de 1976, était en réalité le but recherché par le Seigneur de Clermont qui voulait que la paroisse de Clermont soit débarrassée des Hêvurlins et organise désormais sa propre procession. Une querelle de clocher qui a traversé le temps et explique certains pans d’une tradition aujourd’hui à la fois religieuse et folklorique encore bien vivante.

Autre moment spectaculaire à souhait, le retour final en l’église hervienne se fait également au son des tambours de la clique. Nous vous laissons le soin d’imaginer le tintamarre que ces percussions font naître sous la voûte à l’acoustique étonnante dans un lieu de culte archi-comble, une fois de plus. Comme devait le souligner une habitante du cru fière de ses racines, Sonia Iserentant, après avoir posté une vidéo sur les réseaux sociaux : « C’est cela les traditions à Herve, elles font du bruit ! ».

F.H.