Toujours bien vivante la procession Del Céqwemme !

Chaque lundi de Pentecôte, la procession Del Céqwemme mobilise de très bonne heure plusieurs centaines de fidèles qui ne voudraient rater pour rien au monde cette tradition séculaire. Et peu importe l’heure ou la météo ! Cette année, au moment de s’élancer depuis la capitale du plateau, aux alentours de 5 heures du matin, il était évident qu’une fois encore, de nombreux pèlerins s’apprêtaient à marcher d’un bon pas derrière la bannière… Après les premiers arrêts dans le centre-ville spécialement décoré pour la circonstance et où un autel en plein air avait été dressé, cap sur Noblehaye, Bolland puis Battice à travers chemins et prairies. Après avoir déjeuné puis assisté à la messe là-bas, les de cette longue marche se sont ensuite élancés pour le « deuxième tour » en direction de Manaihant où la petite église locale a encore été le théâtre d’une bénédiction.

Enfin, au terme du repas de midi, les participants à cette aventure aux racines profondément ancrées à la fois dans nos traditions religieuses ancestrales et au cœur du folklore wallon s’en sont retournés vers la capitale du plateau pour boucler ces quinze bons kilomètres de marche, rythmés par la prière, la méditation, les chants et les rencontres, dans le sillage du St-Sacrement. Les 217 courageux qui ont parcouru la totalité du tracé, rejoints par de nombreux herviens désireux de les soutenir sur le final, ont ensuite pénétré dans la ville puis dans son église, toujours au son de la clique de la Royale Garde St-Jean. Là, une dernière bénédiction, mise en relief par de nombreux chants, a clôturé cette édition 2018 de la procession Del Céqwemme dont l’origine remonte, paraît-il, à plus de 750 ans… Certaines choses ont cependant changé depuis les origines. Car, jusqu’en 1592, cette procession très populaire faisait le tour du Ban de Herve. Mais cette année-là, le Seigneur de Clermont et ses hommes d’armes empêchèrent les pèlerins de contourner un chemin boueux, comme ils le faisaient chaque fois que c’était nécessaire. Une rixe éclata et il fut décidé de ne plus aller à Clermont. Ce qui, d’après une étude de Jacqueline Hertay, étudiante à l’Université de Louvain en 1976, était en réalité le but recherché par le Seigneur de Clermont qui voulait que la paroisse de Clermont soit débarrassée des Hêvurlins (habitants de Herve) et organise sa propre procession ! Ce qui fut d’ailleurs fait.

F.H. – Photos archives F.H. et Francis Deliège