Première commémoration de la chute du fort sans ancien défenseur

Le dimanche 19 mai dernier a vu se dérouler la cérémonie du 79 e anniversaire des combats au fort de Battice. La première sans la présence d’au moins un défenseur de l’ouvrage puisque le dernier d’entre eux, Louis Bierlier, est décédé voici quelques mois à peine, à l’âge respectable et respecté de 99 ans. Nous vous en avion d’ailleurs touché un mot dans le numéro de mars de votre magazine préféré. Et le Président de l’Amicale du fort de rappeler les circonstances qui ont une nouvelle fois réuni en ce beau dimanche ensoleillé les représentants de l’autorité communale et de nombreux porte-drapeaux mais aussi quelques figurants en armes et des enfants de la localité : « A l’aube de ce vendredi 10 mai 1940, tous se remémorent les récits des exactions commises par les troupes Allemandes en 1914. Le pays est à nouveau attaqué, les 750 militaires du fort ont une mission à remplir et ils ont l’outil pour pouvoir la réaliser. Pour l’essentiel de la garnison, la moyenne d’âge est de 20 ans. Le niveau d’étude dépasse rarement celui de l’école primaire et beaucoup ont grandi dans des fermes où il n’a pas encore d’installation électrique et en n’ayant eu aucun contact avec des machines agricole compliquées ».

On imagine aisément la terreur tenaillant ces jeunes gens commandés par le major Bovy, un officier très rapidement terrassé par une maladie cardiaque. En effet, souvenons-nous que la garnison de Battice compte déjà ses premiers morts dès le 10 mai. Il y en aura d’autres… Le matin du 22 mai, quelques minutes avant 6 heures, un drap blanc signale à l’ennemi que la lutte est terminée. De tous les forts de Liège, au terme des douze jours de résistance, la garnison du fort de Battice a le triste privilège d’avoir le plus grand nombre de tués dans ses rangs. Pour avoir courageusement remplis leurs obligations, 34 soldats ont payés de leurs vies la défense du pays et 36 autres ne reviendront pas des camps de prisonniers, les fameux « Stalag »…

Le dépôt de gerbes fleuries et une vibrante Brabançonne ont souligné le fait que, malgré toute l’imagination dont nous sommes capables, il ne nous sera jamais possible de pouvoir nous représenter ce que ces hommes ont dû vivre à l’intérieur de cette forteresse. Avant l’expérimentation de cette confrontation guerrière qui allait les marquer au plus profond d’eux-mêmes, ils n’étaient encore que des gamins insouciants qui ne demandaient qu’à vivre une longue vie simple et heureuse. Au terme de ces douze jours d’apocalypse, ils sont sortis du fort complètement métamorphosés. N’oublions jamais l’horreur des conflits armés ! F.H. et Amicale du Fort de Battice