Le talent d’Hubert Grooteclaes s’expose

Visible les samedis et dimanches de 10 à 17 h – ainsi que sur rendez-vous – jusqu’au 24 novembre, une exposition remarquable mise sur pied au centre culturel aubelois qui porte son nom souligne le 25e anniversaire de la disparition du photographe de grand talent qu’était Hubert Grooteclaes. Né à Aubel en 1927, Hubert Grooteclaes a vécu plus de trente ans de sa vie à Embourg, avec sa femme Ninette et ses trois filles, Marianne, Pascale et Madeleine. Fils de fromagers, il pense d’abord à une carrière artistique mais les difficultés de l’après-guerre contrarient ses projets. Après le travail à la fromagerie, il colorie les portraits des célébrités du monde du spectacle et à 27 ans, reçoit son premier appareil photo. Le début d’une longue histoire d’amour !

Premier à avoir réussi le pari de faire entrer la photographie dans les galeries de peintures, il fut un photographe actif doublé d’un enseignant généreux. Autodidacte, il pratique d’abord la photographie en amateur pour ensuite entrer comme stagiaire chez un professionnel dont il s’émancipe rapidement pour ouvrir son propre studio à Liège galerie Cathédrale. Spécialisé au départ dans l’art du portrait, fasciné depuis l’enfance par le monde du spectacle, il s’attache dans les années 1950 et les années 60 à immortaliser sur pellicule les vedettes de l’époque telles qu’Yves Montand, Danièle Darrieux, Jacques Brel, Romy Schneider, Jean Marais et Léo Ferré dont il devient un ami intime.

Audacieux et éclectique, il élargit sa palette en créant ses premiers « photographismes » au début des années 1960. Autant d’images abondamment utilisées pour des affiches, des pochettes de disques (Léo Ferré, Jacques Brel, Sammy Davis Jr, Françoise Hardy, Charles Aznavour…) et des couvertures de livres. Par ailleurs, les sixties inaugurent la longue suite des voyages et expositions en Belgique et dans le monde ainsi que la multiplication des techniques, telle que ses célèbres photos floues, coloriées à la main d’où se dégagent poésie et mélancolie. Enseignant à l’Institut supérieur Saint-Luc à Liège pendant près de 20 ans et maître de stage aux Rencontres Internationales de la Photographie à Arles, Hubert Grooteclaes est notamment invité à participer à quelques missions artistiques. Il reçoit en 1993 le premier « Prix SABAM » consacré à la photographie pour l’ensemble de son œuvre. Hubert Grooteclaes est décédé à Embourg le 23 octobre 1994.

Pascal Damuseau, Professeur à l’ESA St-Luc de Liège, explique l’implication de son institution dans le cadre de cette exposition : « Hubert Grooteclaes a marqué de nombreuses générations d’étudiants en photographie. Les professeurs et les étudiants de Saint-Luc à Liège ont souhaité participer à leur manière à l’anniversaire de sa disparition en confrontant leurs parcours au sien et en arpentant ces paysages parfois intimes et secrets, parfois ouverts et grandioses de cette région d’Aubel qu’il aimait. Mettre nos chaussures dans les traces qu’il a laissées, croiser des regards qu’il a peut-être connus, entrer dans cette poésie un peu acide, ce verbe un peu acerbe qui pouvaient la caractériser. Depuis 25 ans, son influence et sa conception de la photographie ont teinté, souvent de manière inconsciente, l’évolution de cette école de photographie liégeoise, de ses étudiants actuels et des professeurs qui l’ont connu. Nous voulons essayer de f aire passer le souvenir de son humanité, de sa bienveillance et de sa douce révolte auprès des plus jeunes. Cette exposition d’une sélection de travaux réalisés en 2018-2019 lui est dédiée ».

Infos : Centre Culturel d’Aubel, place Albert 1er n° 8A à 4880 AUBEL – Tél 0475/27.60.62

 F.H. et Luc Willems