La folie des Blancs Moussis fait de Stavelot la capitale du confetti

Humour, (auto)dérision et bonne humeur générale caractérisent de longue date le week-end fou des stavelotains. L’un de ces moments privilégié n’est autre que la réception officielle du dimanche matin où brille la verve du mayeur Thierry de Bournonville. Ce dernier se complait en effet à décocher nombre de « perles » tantôt à fleuret moucheté, tantôt acérées et teintées de curare. Et tout cela souvent en présence de ceux que le bourgmestre égratigne. Mais cette année, le maïeur persifleur a aussi porté sa plume l’adresse de sa propre personne. Morceaux choisis : « Tout à l’heure, en fin d’après-midi j’aurai l’immense plaisir d’être intronisé au sein de la Chevalerie d’Honneur en compagnie d’autres savants (rires dans la salle). C’est exceptionnel paraît-il. Moi, ce qui me semble exceptionnel, c’est qu’ils aient mis si longtemps à s’apercevoir que je portais le nez long depuis tellement de temps… »

Et d’indiquer ensuite que sa bonne ville de Stavelot allait probablement bientôt entrer en résistance vu que les confettis sont désormais déclarés persona non grata dans pas moins de 37 villes de Belgique. D’où son ire : « Il n’en sera jamais question chez nous ! Stavelot revendiquera même haut et fort le titre de capitale du confetti. Pensez-donc : ce ne sont pas loin de six tonnes de ceux-ci qui seront jetés dans nos rues afin d’égayer la cité. Pas un joint de pavé ne va manquer sa colorisation. Alors si le danger menace, d’aucuns suggèrent déjà de déplacer notre fameuse machine à confectionner nos confettis en un atelier clandestin. Ou encore de munir chaque BM d’une perforatrice afin que ceux-ci œuvrent tranquillement dans leurs caves… »

Cela étant, le cortège de ce 516e laetare, au tracé une nouvelle fois adapté par suite des travaux dans la ville basse, s’est avéré être un très grand cru. Pas tellement du côté des chars, un tantinet moins flamboyants que par le passé, mais surtout au niveau des costumes ! Quelle recherche, quel talent dans la confection et quelle… beauté. Décidément, le laetare stavelotain n’est à nul autre cortège costumé pareil. Et cela, le grand public l’a bien compris. Il est une nouvelle fois venu en masse. Dommage toutefois que vu le retard accumulé, le rondeau final se soit déroulé quasiment à la nuit tombante. Ils feront mieux la prochaine fois, promis…F.H.