Commémoration du 78e anniversaire de la reddition du fort

Ce dimanche 27 mai au matin, les Amis du fort de Battice, en collaboration avec la ville de Herve, se sont à nouveau mobilisés afin de célébrer la 78e commémoration de la reddition du fort de Battice en même temps que le 73e anniversaire de la fin de la guerre et de la libération des camps. C’est donc en un imposant cortège, derrière une tonitruante harmonie, que les nombreux participants ont rejoint l’esplanade du fort. Là-bas, de nombreux drapeaux tricolores se dressaient fièrement pour accueillir la partie officielle, sous l’œil admiratif de Louis Berlier, 98 ans, dernier défenseur du fort pouvant encore se rendre sur place.

Au nom de l’asbl du Fort de Battice, René Coune devait alors rappeler que 78 ans se sont écoulés aujourd’hui depuis la reddition mouvementée du fort de Battice lors de laquelle les quelque six cents cinquante rescapés des combats, surveillés de près par les vainqueurs du moment, ont dû abandonner les trente-quatre compagnons tombés au feu – dont le major Bovy, le Commandant du fort foudroyé par une crise cardiaque – et dont les noms ont été cités un à un lors de cette cérémonie civile.

« Jusqu’au 5 mars dernier, la garnison de Battice comptait encore deux témoins directs des événements de mai 1940. Monsieur Gaston Leroux, né à Natoye le 4 juillet 1919, s’était engagé comme candidat sous-officier en 1936. Dès 1939, il est affecté au fort de Battice avec dix autres artificiers du 3e Génie. Le 10 mai 1940, c’est sur un ordre du Commandant Fichefet qu’il fait sauter le petit pont de la N3 sous lequel passe la voie de chemin de fer reliant la gare de Battice à celle de Verviers… Enfin, à bientôt 99 ans, Louis Berlier (déjà cité ci-dessus, NDLR) demeure aujourd’hui le dernier représentant vivant de ces jeunes hommes qui se sont courageusement opposés aux envahisseurs. Il mérite que nous l’applaudissions chaleureusement ! » conclut René Coune avant que les gerbes fleuries ne soient déposées par les représentants de la Ville de Herve et les anciens combattants présents au pied de la stèle reprenant les noms des victimes. Une belle image devait en sus restée imprimée dans nos mémoires : celle montrant Louis Berlier posant tendrement la main sur l’épaule d’un jeune garçon venu lui aussi, avec d’autres enfants de la commune, assister à la cérémonie et se recueillir. Un passage de témoin entre générations, en quelque sorte… F.H.