Ce n’était pas une légende : le cœur de Pierre David retrouvé !

Incroyable ! Digne d’un roman ! La légende urbaine, seulement connue de nos jours par quelques rares initiés, disait donc vrai : le cœur du premier bourgmestre de Verviers, Pierre David, se trouvait bel et bien dans les fondations de la fontaine portant son nom et implantée place Verte, œuvre de l’architecte Clément Vivroux. C’est là que des ouvriers ont mis la main dessus, durant les travaux actuels de « Verviers, ville conviviale ». Ils sont tombés sur une pierre creusée contenant un coffret gravé. Et le texte inscrit sur la boîte en métal ne laissait aucun doute sur ce qu’il contenait : « Le cœur de Pierre David a été solennellement déposé dans le monument le 25 juin 1883 ».

La légende précisait encore que l’organe avait été prélevé, avec l’accord de sa famille, sept jours après la mort de Pierre David. Trois chirurgiens, deux conseillers communaux et un agent de police assisteront à l’opération post mortem. Le cœur, d’abord placé dans un grand tube contenant de l’esprit de vin, sera ensuite embaumé et placé dans le coffret. Par manque d’argent, la fontaine ne sera par contre construite que 44 ans après son décès, en 1883.

« On a répondu à cette légende aujourd’hui. Le cœur était bien placé dans cette fontaine. On est très heureux de cette découverte », note l’échevin des Travaux. On ne pourra par contre pas ouvrir le coffret soudé, considéré comme une sépulture, afin de vérifier que le cœur y est bien. « Mais toutes les archives que l’on a nous confirment que le cœur de Pierre David y est bien », assure Paul Bertholet, historien verviétois.

Depuis la découverte, tout est mis en place par le personnel des musées de Verviers, ainsi que par une partie des services de la Ville, afin de la mettre en valeur. Tout a été fait très rapidement afin que les citoyens puissent découvrir eux aussi ce pan de l’histoire verviétoise. Ainsi, au musée des Beaux-Arts de Verviers, jusqu’au 20 septembre au moins, une salle a été aménagée en l’honneur de Pierre David. On y retrouve la fameuse boîte, mais aussi le tube dans lequel le cœur avait d’abord été déposé, des archives sur qui il était ainsi que sur la fontaine, une peinture, des bustes et des médailles en son honneur… « Mais d’ici quelques semaines, il retrouvera sa place originelle », annonce Maxime Degey. « On fera également une petite cérémonie afin de marquer le coup en présence des derniers descendants », confie Jean-François Chefneux.

Rappelons que Pierre David n’est autre que le premier bourgmestre de Verviers après la révolution belge, en 1830. Né le 9 janvier 1771 à Verviers, il exploite une ferme à proximité de la place Verte et dirige par ailleurs une fabrique de draps. Côté politique, l’homme connaîtra plusieurs régimes. Il sera d’abord sous-lieutenant de sa compagnie sous la Principauté de Liège puis maire de Verviers sous le régime français. Sous le régime hollandais, il sera nommé membre du conseil de régence de Verviers par le Roi des Pays-Bas. Avant de devenir bourgmestre de Verviers, en 1830, élu par 241 voix contre 261. C’est lui qui a rendu les débats du conseil communal publics à l’époque. Il fît également inscrire la devise : « Publicité sauvegarde du peuple » sur l’hôtel de ville. Bourgmestre, il le sera jusqu’à son décès en 1839. Une triste mort, à l’âge de 68 ans, en tentant d’ouvrir une fenêtre dans sa grange. L’homme est passé à travers et a expiré en tombant sur le pavé !

F.H. et La Meuse Verviers