Bilan et coup de cœur

Les Francos spadoises en étaient cette année à leur 26e édition et fêtaient donc leur quart de siècle d’existence. Un sacré laps de temps au fil duquel le festival spadois n’a cessé d’évoluer au gré des exigences économiques et sécuritaires, sans oublier la transformation de l’industrie du disque suite à la digitalisation. Ce n’est pas éventer un secret d’état non plus que de souligner les difficultés croissantes rencontrées au fil du temps par la Presse et les photographes face aux « diktats » imposés par les maisons de production. Pire, cela tend à se généraliser ! Force est de constater qu’on est bien loin de l’ambiance décontractée des premières Francos, là où la cohabitation entre artistes et professionnels de l’image était emprunte de respect mutuel, là où facilité de travail et décontraction étaient de mise. Mais voilà, la dématérialisation des supports musicaux et les réseaux sociaux sont passés par là…

Qu’à cela ne tienne, Charles Gardier de Jean Steffens se sont montrés aussi confiants que satisfaits lors de la conférence de presse de clôture en soulignant bien sûr les difficultés rencontrées – deuxième année sur le seul site du parc de Sept Heure qui doit encore évoluer et polémique quant à l’interdiction des terrasses musicales en ville par l’administration communale, entre autres – mais aussi l’énorme succès du festival. Bruel, Zazie, Angèle, le Grand George et tous les autres ont attiré près de 150.000 visiteurs sur les quatre jours. Ce n’est pas un record, certes, mais qui peut en dire autant en Wallonie ?

D’autant plus qu’en marge des scènes officielles, il subsiste encore de belles rencontres. Ozya est de celle-là. Cette chanteuse nous a littéralement scotchés lors d’un show case privé avec sa voix aussi suave qu’étonnante de clarté, cristalline par moment, servie par des mélodies lisses et planantes. Présentée par l’attachée de Presse belge de Patrick Bruel, la jolie bruxelloise d’origine grecque avoue avoir été formée « à l’ancienne » en chantant du blues et du jazz dans différents bars et clubs de la capitale durant près de dix ans. Depuis une participation à l’émission The Voice France puis à une intervention remarquée dans la bande originale du film « The Hunger Games » de Gary Ross (en 2012), Mariana Tootsie a sorti un premier EP puis, en 2017, s’est rapprochée du producteur Tim Bran à Londres. Ce dernier possède notamment dans son « écurie » des pointures telles que London Grammar, The Verve, Birdy, etc. Et de cette collaboration inespérée est né le projet Ozya. Une pure merveille à découvrir, notamment par le biais d’un premier single aussi aérien qu’envoûtant baptisé « Would you remember me ». F.H.