A la découverte d’une épicerie ancienne

Les Journées du Patrimoine millésime 2018 se sont avérées être un nouveau succès. Il est vrai que le généreux soleil et la douceur estivale incitaient à sortir de sa coquille. Dès lors nous avons pris notre bâton de pèlerin et notre promenade nous a conduit tout droit chez un aubelois plus vrai que nature, Alain Boos. Artiste dans l’âme, l’homme a surtout été photographe de Presse durant de nombreuses années, principalement en région liégeoise. Aujourd’hui retraité, il demeure un artiste exceptionnel, doublé d’un talent hors norme en matière d’accueil. Ah oui, j’allais oublier : l’une de ses passions – j’ai failli écrire « obsession » ! – lui fait entasser des « choses » anciennes dans tous les coins de sa demeure, une vieille ferme aubeloise reconvertie en véritable caverne d’Ali Baba. On appelle ça une « collectionnite aigüe ». Et cela ne se guérit pas avec le temps qui passe, mon bon Monsieur, bien au contraire…

Au fil de ses pérégrinations et de ses reportages, Alain s’est en effet pris d’affection pour toutes sortes d’objets anciens. Cela fait donc un quart de siècle que ce « sauvegardeur » – comme il aime à se baptiser – a réussi à reconstituer un magasin de l’ancien temps dans un petit local jouxtant la cuisine où mijotent de délicieux plats à destination de sa table d’hôtes. « En circulant voici plus de 25 ans, je vois rue de Fétine à Liège une vitrine d’un commerce de tabac, liqueur et papeterie où il est affiché « Liquidation Totale ». Tout de suite, ce fut le coup de foudre ! Non pas pour la vieille demoiselle qui rangeait les cartons mais pour son… comptoir en bois ». Tout est donc parti de là…

Ce comptoir intemporel trône désormais en bonne place dans cette épicerie de quartier des années ’50 reconstituée où Alain et son épouse Nicole ont accumulé moult objets anciens, tantôt insignifiants, tantôt remarquables. « Je pense que nous sommes cohérents – mais pas trop – avec l’époque, à savoir le milieu du XXe siècle, l’après-guerre en somme » explique le propriétaire des lieux. Des lieux tellement remarquables qu’on s’y arrête désormais par autocars entiers ! Car il suffit de traverser la cour pour s’attabler devant un comptoir de bistrot (lui aussi reconstitué et garni d’anciennes plaques émaillées) et y déguster soit un bon plat aux saveurs anciennes, soit une bière locale. Et lorsqu’on demande à Alain Boos ce qu’il considère comme étant la pièce la plus remarquable de sa collection, il nous montre un « petit tchinisse » ridicule. Après nous avoir laissé réfléchir un long moment, vient enfin l’explication accompagnée d’un grand sourire : « C’est une poignée mobile qu’on offrait aux clients juste après la guerre afin qu’il puisse porter leurs paquets sans se couper la paume de la main avec la corde de chanvre qui maintenait l’emballage ». Et d’ensuite nous montrer le même objet… obtenu il y a trois ans à peine auprès d’un grand magasin bien connu d’articles électroniques : « Regarde : c’est exactement le même ! Plus de soixante ans plus tard ! J’ai été acheter une imprimante et au comptoir, on m’a donné cet objet pour que je ne me coupe pas avec la lanière de plastique qui ceinture la boite. C’est incroyable, non ? ». Un extraordinaire raccourci entre deux siècles…

Alain Boos vous accueille principalement sur rendez-vous et contre une modeste contribution au numéro 36, Cosenberg (route de La Clouse) à 4880 Aubel – Tél 0497/84.48.37 – La visite dure approximativement une heure. F.H.